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Seul, on marche plus vite Ensemble, on marche plus loin

Proverbe africain
Présidentielle 2012

Ambiance de campagne

Président en campagne depuis cinq ans, Nicolas Sarkozy est enfin depuis cette semaine un candidat déclaré. Que dit-il aux Français ? Il essaie de faire oublier qu’il n’a plus la cote auprès de la grande majorité des Français en s’autoproclamant "candidat du peuple" ! Un comble quand on songe qu’il n’a pas cessé de diviser les Français, pour mieux servir les intérêts des plus privilégiés ! Il se fait le chantre de l’identité nationale mais jamais la France n’a autant douté d’elle-même. Il appelle de ses vœux une France forte, en oubliant combien il l’a affaiblie : augmentation de la dette publique de 40% en 5 ans !

Sans doute sent-il que le pouvoir est en train de lui échapper : dos au mur, il semble prêt à tout pour ne pas le perdre, à tenter tous les coups pour faire la Une des journaux télé. En mettant le cap "à droite toute" sur les valeurs dans son interview au Figaro, pour essayer, une fois encore, de récupérer au 2ème tour les électeurs de Marine Le Pen. En annonçant que le référendum (qu’il n’a jamais utilisé en 5 ans) est la panacée de la démocratie, mais pour mieux pointer les chômeurs du doigt, accusés de ne pas vouloir travailler ! On ne doit pas rencontrer les mêmes gens, lui et moi...

Enfin, il y a eu ce week-end son meeting à Marseille. Quand au Bourget François Hollande livrait sa vision de la France quelques jours avant la présentation de son projet, Nicolas Sarkozy n’a fait qu’attaquer ses adversaires.

La dette publique qu’il a creusée ? C’est la faute aux précédents gouvernements, comme s’il n’y avait pas participé depuis 10 ans ! Son incapacité à mener des réformes qu’il juge indispensables ? C’est à cause des corps intermédiaires (syndicats, associations, journalistes, élus locaux, magistrats, etc) qui devraient se contenter de les approuver, mais certainement pas d’en débattre, encore moins de les contester !

Il essaie de s’en tirer en déformant le projet de François Hollande pour faire peur (immigration, famille, nucléaire …) mais ce qui m’a choqué, profondément, c’est ce vieux fond de celui qui pense que la gauche ne serait pas légitime pour gouverner la France. Je me sens, comme des millions de gens, insulté quand Nicolas Sarkozy dit clairement que ceux qui ne pensent pas comme lui "n’aiment pas la France." La Droite a-t elle le monopole de la France ? Non ! Jamais la Gauche, même dans ses attaques politiques les plus dures, ne renvoie, comme cela, son adversaire dans le camp de l’anti-France, de l’ennemi de l’intérieur. Voilà une différence de plus avec l’UMP. Mais celle-ci est fondamentale.

Nous savions que la campagne serait dure ; elle sera outrancière et il n’est pas étonnant que le Président de l’UMP esquive son bilan et le débat public « projet contre projet » pour chercher le KO comme un boxeur mal en point. Devant son équipe de campagne, François Hollande nous l’a dit : il ne cèdera pas à ces incessantes provocations, il gardera son cap. Il est désormais encore plus clair qu’avant qu’il est le seul candidat crédible capable de rassembler les Français.

Le 21 février 2012,

Jean-François Debat