Seul, on marche plus vite
Des débats à la Région qui en disent long !

Cette fin d’année a été très instructive à l’occasion de la session budgétaire de la Région Rhône-Alpes que je conduisais en qualité de Vice-président aux finances.
En préambule, ont été présentés les travaux d’une mission d’information et d’évaluation - composée de représentants de tous les groupes politiques - sur les coûts pour la Région des décisions de l’Etat depuis 2005. Les conclusions sont sans appel : l’insuffisance des compensations de charges des compétences transférées par l’Etat représente 192 millions d’euros, s’ y ajoute une perte de recettes pour la Région de 27 millions suite à la disparition de la taxe professionnelle.
Au-delà des chiffres et de cette situation encore plus fragilisée par le gel des dotations de l’Etat pendant trois ans, le problème de fond est que les collectivités locales se sont vues confier de plus en plus de responsabilités sans les moyens correspondants et en ne préservant qu’une minuscule autonomie financière au niveau des ressources. Il n’a pas suffit à Nicolas Sarkozy d’avoir creusé la dette publique de l’Etat de 30% en 5 ans, il a également affaibli les communes, départements et régions qui sont pourtant de loin les premiers investisseurs publics (75%).
Les prochaines années ne s’annoncent pas mieux avec l’engagement de campagne de l’UMP de réduire de 10 milliards les dotations de l’Etat, ce qui ne rajouterait que de la récession à la crise : l’ Etat UMP, qui ne supporte pas les contre-pouvoirs, veut payer ses promesses de campagne sur le dos des collectivités !
Quant au fond des politiques régionales, les élus de droite purent poser des amendements budgétaires pour exprimer ce que la Région Rhône-Alpes feraient s’ils la gouvernaient. Pourtant adeptes du discours de bonne gestion, ils proposèrent à peine 15 millions d’économies sur un budget de 2,5 milliards, en soumettant au vote des baisses forfaitaires des subventions visant surtout les associations.
Ils rejoignirent même le Front National sur plusieurs positions, comme la suppression de la démocratie participative et de l’éducation populaire, la réduction drastique des moyens pour l’animation territoriale en Rhône-Alpes et la coopération solidaire internationale, ce qui en dit long sur l’autoritarisme et l’égoïsme de cette nouvelle droite.
Dans le même temps, les élus de gauche (PS, EELV, FDG et PRG) ont voté ensemble un budget responsable et volontaire dans un contexte économique et financier difficile.
Nous nous sommes accordés sur quatre priorités politiques, préparer l’avenir de la jeunesse en Rhône-Alpes, accompagner le développement de l’économie et de l’emploi, favoriser le développement solidaire de l’ensemble du territoire et placer les enjeux écologiques au coeur des politiques régionales.
Une ambition commune de bon augure pour 2012 !
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