Jean-françois Debat
Par Antoine Rousset - journaliste honoraire
Même quand on est farouchement arc-bouté sur ses principes d’indépendance, même quand on s’applique à soi-même un refus d’allégeance à quelque parti que ce soit pour avoir les idées plus claires, même quand on tient à conserver sa liberté de penser sur ce qui vous plaît à gauche comme sur ce qui vous plaît à droite, il est bien difficile, d’opposer une fin de non recevoir à la demande d’un ami.
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, j’ai d’abord dit non à l’ami Jean-François Debat qui souhaitait que je brosse, pour son site Internet, un portrait de lui, puis un « oui mais », à la condition que je ne le signe pas, avant de lui dire oui carrément, résolument, sans plus de réserve, parce que le texte anonyme, qui vante des mérites ou qui verse au contraire dans la critique, n’a jamais été ma tasse de thé. Pas plus hier, dans une vie antérieure journalistique, qu’aujourd’hui, plus confortablement installé dans une retraite moins soumise à l’éthique mais où les valeurs à défendre restent les mêmes.
Une formation à l'école de la République
Donc brossons-le ce portrait, qui ne se veut ni exhaustif ni tout acquis à la cause de cet ami. Brossons-le et signons-le, sans état d’âme et sans arrière-pensée.
Avant le fils, il y eut le père. Pierre. Médecin gastro-entérologue à l’hôpital de Fleyriat à Bourg. Et comme son père, Jean-François a tout au fond des tripes cette même culture protestante faite de rigueur et d’humanisme, du goût des autres, de cette liberté chrétienne d’écoute et de tolérance, tout en étant très fier aussi -lui l’écolier de la primaire de Péronnas puis de Saint-Denis-les-Bourg, avant le collège de Péronnas et le Lycée Quinet à Bourg- de sa formation au sein de l’école de la République. Comme Pierre, le papa, qui nous disait un jour avoir été et être resté un « laïc viscéral ».
Après, ce serait un trop long catalogue d’études et de diplômes à vous livrer, au risque d’en oublier, ou au risque peut-être de faire apparaître Jean-François Debat comme une tête bien pleine, et seulement ça, ce qui serait un bien fâcheux raccourci pour parler de lui.
Alors oui, bien sûr, il est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, licencié en droit, ancien élève de l’ENA (promotion Léon Gambetta 1993), il fut, il est... Arrêtons là.
Maître de Requêtes au Conseil d'État
Evoquons plutôt son expérience professionnelle, d’abord comme auditeur puis comme Maître des Requêtes au Conseil d’Etat, avant d’être conseiller auprès de Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, puis conseiller auprès du secrétaire d’Etat au logement (Louis Besson, puis Marie-Noëlle Lienemann) entre 1998 et 2001. A ce titre, il s’intéressa de près à la réalisation d’aires d’accueil pour les gens du voyage dans les communes de plus de 5.000 habitants, et à l’obligation pour les communes de plus de 3.500 habitants d’avoir 20% de logements sociaux. Ce qui déboucha sur deux lois essentielles. Depuis juillet 2001, il est de nouveau Maître des Requêtes au Conseil d’Etat. Marié à Anne, il est père de trois enfants, Arthur (12 ans), Romane (8 ans) et Justine (4 ans).
Forcément, il a mené de front, depuis son adolescence, une vie militante et politique très active. Avec un engagement toujours au service de valeurs fortes, comme de ses concitoyens de toutes catégories sociales. On rappellera ici qu’il fut maire-adjoint de Bourg-en-Bresse (1995-2001), chargé du logement et de la politique de la ville sous le mandat de André Godin, avant d’être conseiller municipal dans l’opposition depuis 2001.
Un parcours de militant
Président jusqu’en 2001 et toujours administrateur de l’Office public HLM de Bourg (devenu par sa volonté « Bourg Habitat »), Conseiller régional délégué aux Finances et Rapporteur général du Budget de la région Rhône-Alpes depuis 2004 (une tâche lourde, ô combien, vu le rayonnement et l’importance de la seconde région de France !), Jean-François a voué jusqu’ici toute sa vie militante à un seul parti, le Parti socialiste, dont il est membre depuis 1985 (il avait 19 ans), dont il fut le Premier secrétaire fédéral dans l’Ain entre 1997 et 2000, dont il est membre du Conseil national depuis 10 ans, et dont il est le délégué national au logement depuis le congrès du Mans en novembre 2005.
Un homme d'envergure
C’est donc lui que son parti a choisi, pour défendre ses chances, comme candidat aux dernières élections législatives. Lui à qui certains voudraient reprocher un style parfois trop premier de la classe, alors qu’on l’a vu bien souvent « aller au charbon » dans des affrontements pas gagnés d’avance, où il lui a fallu convaincre, analyser, expliquer, insister, sans souci du temps qu’il y passe ou du temps qu’il fait passer aux autres, prolixe, jusqu’au-boutiste dans l’argumentation.
A travers ses grandes qualités et ses petits défauts (davantage sur la forme que sur le fond) qu’il corrigera peu à peu avec l’âge - lui le jeune quadra - et avec sans doute encore plus de responsabilités, Jean-François est de ces hommes d’envergure, à l’intelligence vive, qui méritent d’être mieux connus, au zinc d’un comptoir comme dans la tribune d’un stade où il aime se rendre. De ces hommes qui ont certes beaucoup appris dans les livres, mais beaucoup aussi sur le terrain, et qui savent transmettre leur culture, leurs connaissances, leurs expériences, au plus grand nombre, en allant à leur rencontre, et en ouvrant largement le débat sur tous les sujets d’actualité et de vie quotidienne, où leurs concitoyens les entraînent et les testent.
Jean-François Debat est de cette race de politiques qui ont une ambition forte de réussite, la leur certes -quelle hypocrisie y aurait-il à le nier- et même si on la lui colle un peu trop parfois à la peau, mais aussi celle en faveur de compatriotes, auxquels il veulent consacrer une grande part de leur vie. Et c’est cette vie-là que Jean-François Debat leur propose de partager avec eux, en faisant un bon bout de chemin en leur compagnie, s’ils lui font confiance pour l'avenir.