Bourg-en-Bresse, l’histoire d’une construction patiente…

Les Romains installent un camp militaire au centre-ville, sur l’emplacement de l’actuelle prison. Les travaux du centre pénitentiaire ont mis à jour des éléments d’un village d’époque gallo-romaine sur le site de Bouvent, mais il sera difficile à l’avenir de connaître l’importance de cette première agglomération !

Bourg s’affirme à partir du Moyen Âge comme une ville bourgeoise et non pas aristocratique. Elle tire sa croissance de l’artisanat, qui produit du textile et du cuir  renommés. Les ducs de Savoie y font aussi frapper monnaie. La ville se gouverne elle-même, par deux syndics élus, depuis sa charte de franchise de 1251.
Durant les siècles modernes, de nombreux bâtiments qui font notre environnement quotidien sortent de terre comme l’église de Brou au XVIe bien sûr, mais aussi, à partir de 1750, l’hôtel de ville, la Grenette, le théâtre, l’Hôtel-Dieu… Bourg, française depuis 1601, est confirmée comme centre administratif et judiciaire. Au XIXe siècle, les derniers vestiges médiévaux disparaissent. L’actuel cours de Verdun est aménagé. En 1856, le chemin de fer arrive, reliant la cité à Ambérieu et, plus loin, à Lyon. L’urbanisation monte sur le Plateau et à Bel Air . En 1894, commencent les travaux de la percée haussmannienne de l’avenue Alsace-Lorraine.

L'importance de la Résistance
La Seconde guerre mondiale marque fortement Bourg-en-Bresse, non seulement à cause de l’occupation allemande, à partir du 11 novembre 1942, mais surtout par l’importance de la Résistance. Le premier chef de l’Armée secrète, le général Delestraint y a fondé son réseau. Notre ville accueille le seul lycée ayant reçu la médaille de la Résistance, le lycée Lalande, traumatisé par la rafle de son personnel et de ses élèves le 5 juin 1944.

Du point de vue économique, Bourg possède depuis toujours une fonction commerciale, renforcée par la construction de routes royales vers Mâcon, Lyon et Trévoux au XVIIIe siècle. Le négoce du bétail a trouvé son épanouissement dans l’installation au Foirail en 1986, mais aussi dans la construction d’un abattoir aux normes européennes en 1998.
Mais Bourg n’est pas cette cité tranquille voire endormie à la réputation rurale que certains revendiquent encore. Au contraire, elle est marquée par le secteur industriel. L’entreprise Morgon fabrique, durant tout le XXe siècle, de l’outillage pour les chantiers, les mines et les carrières. La société Radior  a construit des bicyclettes, des vélomoteurs et même quelques automobiles. La TCB, la tréfilerie-câblerie de Bourg, voit le jour en 1906. De grandes entreprises lyonnaises s’y installent comme les Câbles de Lyon, aujourd’hui Nexans, et Berliet, devenu Renault Trucks.
Enfin, les services privés s’affirment au côté des services publics : la société Martin-Belaysoud étend aujourd’hui son réseau dans la France entière.

L'esprit des lumières

Bourg-en-Bresse s’affirme également comme un centre actif de vie sociale et intellectuelle. L’esprit des Lumières fait florès au XVIIIe siècle : Lalande fonde une Société littéraire, Thomas Riboud une Société d’Emulation, la sociabilité maçonnique est très présente. La ville entre pleinement dans le développement des associations sous la IIIe République.  En 1872, l’Alouette des Gaules fonde une section « escrime » sous la férule de son premier dirigeant, Louis Parant.

Tous ces traits de caractère définissent encore notre ville de Bourg-en-Bresse.
Qu’est-ce donc que Bourg-en-Bresse en 2008 ?

C’est la ville-centre d’une agglomération dépassant les 80 000 habitants, l’une des principales de la région Rhône-Alpes. Sa population, depuis le milieu des années 1990, s’accroît à nouveau : elle compte près de 41 500 habitants aujourd’hui.
Bourg-en-Bresse garde ses traditions industrielles telles la mécanique et la métallurgie, commerciales comme le négoce du bétail, sa fête de la Saint-Martin, chaque 11 novembre, ses lieux marquants comme le Champ de Foire… Mais notre cité possède également des énergies nouvelles dans la recherche, dans l’enseignement supérieur qui demeurent encore inexploitées : à quand un vrai pôle universitaire sur le site de l’ancienne Charité ?

Mener des projets

Bourg-en-Bresse jouit d’équipements culturels de qualité récents comme le théâtre rénové en 1999, la SMAC de la Tannerie créée en 2000, la médiathèque Roger Vaillant ouverte en 1988, d’espaces de loisirs attractifs comme le récent Carré d’Eau et la base de loisirs de Bouvent fondée au milieu des années 1980. Son réseau associatif, sportif, culturel, social et autres, est l’un des plus denses en France pour sa taille, mais il a besoin d’être réellement soutenu ! Elle pourrait prétendre à la ville la plus sportive de France, un trophée remis par L’Equipe, si elle pouvait disposer d’un palais des sports de grande capacité.
Elle bénéficie d’une bonne desserte autoroutière, d’arrêts TGV fréquents, d’un nouveau cadencement TER avec Lyon, de rocades permettant de détourner le trafic de transit… Dans tous ces domaines, il reste encore beaucoup à faire !

En effet, de nombreux projets d’avenir concernent notre ville. La liaison TGV Lyon-Strasbourg ne doit pas l’éviter. Elle doit pouvoir capter ou profiter des projets de lignes ferroviaires de fret. Le projet d’un parc naturel régional dans la Dombes permettrait de renforcer certes le pôle touristique et gastronomique, mais surtout d’impulser de nombreux projets autour du développement durable.

Développement économique et humain

Aujourd’hui, les grandes agglomérations renforcent leur poids dans leurs régions respectives. Bourg-en-Bresse vit ainsi dans l’orbite lyonnaise. Cependant, loin de la nier comme d’aucuns le voudraient, de la refuser, une gouvernance moderne de la ville conduit à l’accepter, à l’anticiper. Bourg doit profiter de la proximité de Lyon pour attirer les activités, les investissements, les populations désirant profiter d’un cadre de vie à la fois tranquillisant et dynamique. Une métropole européenne telle Lyon distribue certaines de ses fonctions dont elle n’a plus absolument besoin comme une partie de l’enseignement supérieur, de la recherche, du développement de produits… Bourg à quarante minutes du centre d’affaires lyonnais est une garantie pour notre développement économique et humain. Nous devons prendre ce train vers l’avenir.

Sachons profiter de nos atouts, de notre situation de carrefour, à quelques heures de Paris, des Alpes de la Méditerranée et bientôt de l’axe rhénan, axe majeur en Europe !

BOURG-EN-BRESSE DOIT SORTIR DE SA COQUILLE !