Dès lors que j'y était invité et par esprit républicain, je me suis rendu à Saint-Vulbas pour assister à la table ronde oragnisée en présence du Président de la République sur les mesures de relance du secteur de l'automobile.
Il est toujours important que le chef de l'Etat se rende sur un département; c'est donc positif en soi. Par ailleurs, sauf à être en opposition systématique -ce qui n'a jamais été ma position, j'ai approuvé un certain volontarisme, notamment la volonté affichée de revenir sur certaines règles de libre échange européennes et mondiales qui font supporter à notre industrie une concurrence déloyale. Encore aurait on pu souhaiter que celui qui, il y a deux ans encore, était favorable aux stocks options, aux hypothèques rechargeables pour favoriser l'emprunt par les ménages les plus modestes quitte à les endetter durablement, reconnaisse que la crise était dûe à de tels errements libéraux... Or, je n'ai rien entendu de la sorte, mais j'ai sans doute mal entendu...Je n'ai entendu aucune mesure nouvelle non plus d'ailleurs, alors que je croyais que c'était le but; j'ai sans doute mal compris...
Pour le reste, quelle ne fut pas ma déception! Lorsqu'une personnalité de ce niveau intervient, on est en droit de s'attendre à un autre discours que celui qui, au 20H, fait traiter tous les problèmes en quelques secondes; on s'attend à entendre un raisonnement, des réflexions personnelles qui ne "passent" pas à la télévision. RIEN! Le même discours à l'emporte pièce, démagogique à beaucoup d'égard, s'adressant en permanence à un contradicteur imaginaire qui lui dirait de ne rien faire et qu'il pourfend de ses lames! Comme si faire des propositions différentes des siennes était par principe ne rien faire...
Le mépris évident affiché à l'encontre des chefs d'entreprise invités à "débattre" avec lui n'a rien arrangé dans mon esprit; j'en ai même été choqué, en particulier pour Jean-Patrice Bernard, sèchement rembarré parce qu'il osait faire une demande! Si c'était interdit, il fallait le dire avant!
En résumé, la prochaine fois que M.Sarkozy veut organiser un meeting de l'UMP dans l'Ain, qu'il le fasse sans se croire obligé de nous inviter! Car, au toal, on a le sentiment qu'à jouer le jeu républicain en venant l'écouter, on est pris au piège de l'esprit partisan. C'est déplaisant, mais c'est surtout grave pour le respect et l'autorité de la parole du Président de la République.