OTAN: était-ce une priorité?

 

L’Assemblée Nationale a récemment débattu de l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Si le sujet est important, je regrette que ce débat ait été faussé, le Président de la République ayant préalablement annoncé que sa décision était prise. C’est une fois encore une étrange conception de la démocratie et une forme de mépris vis-à-vis des Députés. Le Premier Ministre et les portes paroles de l’UMP n’ont cessé de nous expliquer que cette décision ne changeait rien et ils ont pourtant engagé la responsabilité du gouvernement sur le sujet bien plus vaste de la politique étrangère de la France. Personne n’est dupe que c’est le seul moyen qu’ils aient trouvé pour étouffer l’opposition de nombreux députés de leur propre majorité.

Au-delà de ces manœuvres politiques, venons-en au fond. Il est tout de même surprenant que ce soit la gauche qui se sente héritière de la vision du monde du Général de Gaulle, celle d’une France qui noue des alliances mais refuse d’être alignée. On nous dit une fois encore que le monde a changé, argument ressassé dans tous les domaines pour justifier tant de fuites en avant ! Il est vrai que l’OTAN a perdu sa raison d’exister avec la chute de l’URSS et que de nouvelles puissances s’affirment sur la scène internationale. C’est paradoxalement le moment choisi par Nicolas Sarkozy pour se fondre dans l’OTAN sous prétexte que les Etats-Unis pourraient nous accorder quelques contreparties. Est-ce de la naïveté ou s’agit-il de se rallier à une nouvelle logique de bloc pour protéger militairement les intérêts des pays les plus riches ? Pourquoi ne nous dit-on pas clairement qui est le nouvel ennemi ? Cette position est en rupture avec notre politique étrangère qui faisait consensus dans le pays et je doute que l’influence de la France dans le monde n’en sorte grandie.