Une délégation de la Région Rhône-Alpes s’est rendue mi-avril en Pologne dans le cadre d’une mission de coopération bilatérale avec la région de Malopolska -région du sud de la Pologne dont Cracovie est la capitale. J’ai tenu à faire partie de cette délégation avec d’autres élus représentants l’ensemble des groupes politiques de l’assemblée régionale -sauf le Front national, dont les représentants refusaient le programme de la visite...
Le programme faisait en effet écho à deux thèmes qui sont importants à mes yeux. C’est en premier lieu le devoir de mémoire envers les victimes du nazisme pendant la seconde guerre mondiale. Nous nous sommes ainsi recueillis dans le camp d’Auschwitz Birkenau, triste symbole de l’extermination des Juifs et des crimes contre l’humanité quels qu’ils soient. Ce fût un moment de forte émotion et de réflexion sur le destin de notre continent. Si l’Europe est en effet en paix depuis plus de 60 ans, c’est qu’elle a auparavant été le théâtre de la barbarie et cet acquis reste fragile comme l’a montré plus récemment la guerre dans les Balkans où de nouveaux massacres furent commis au nom de l’épuration ethnique. Ne pas oublier est vitale dans une époque où l’avenir suscite davantage d’inquiétude que d’espérance et quand la peur de l’autre est toujours mauvaise conseillère.
Cette coopération de Rhône-Alpes avec cette région polonaise en développement, c’est aussi la démonstration que nous avons su soldé le lourd héritage de la logique des blocs issue de ce conflit. Elle illustre une Europe qui se construit désormais concrètement autour d’échanges et de solidarités, une Europe qui ne sert pas seulement à ouvrir de nouveaux marchés économiques par la l’exaltation de la concurrence entre les pays membres de l’Union Européenne. Le 6 juin prochain, les citoyens de 27 pays voteront en même temps pour choisir leurs représentants au Parlement Européen. La défiance vis-à-vis des institutions dans le contexte de crise fait craindre une forte abstention. Les enseignements de l’histoire, tels que je les ai ressentis à l’occasion de ce séjour en Pologne, redonnent pourtant à cette élection tout son sens pour que les seuls combats se jouent dans les urnes et que le Parti Socialiste Européen mette en œuvre une alternative crédible à l’orientation libérale de l’Europe durant ces dernière décennie.