LGV Rhin-Rhône: être clair

La polémique enfle sur la LGV Rhin-Rhône, notamment sur le tracé de son passage en Bresse. Chacun comprend que les communes et les riverains immédiats de la ligne soient inquiets et demandent un tracé le moins pénalisant possible. J'ai d'ailleurs reçu et soutenu les positions de plusieurs associations au cours des derniers mois et défendu, dans une motion votée au Conseil municipal de Bourg-en-Bresse, le tracé le moins pénalisant et des mesures compensatrices fortes pour les riverains concernés: c'est justice.

Toutefois, j'entends de plus en plus une remise en cause, sur le fond, de la LGV elle-même et je m'inquiète. En effet, l'action des riverains directement concernés (que l'on peut comprendre), soutenue de manière ambigue par des "grands élus" (ce que je ne comprends pas, en revanche, dans la mesure où ils ont pourtant en 2007 approuvé sans réserve ce projet), laisse à penser que notre territoire refuserait le TGV lui-même. Et là, je ne suis plus d'accord.

Si cette ligne -qui répond à des enjeux nationaux et européens- est créée, elle passera dans l'Ain. C'est une certitude et dire ou laisser croire le contraire est malhonnête. Mais quelle est la seule contrepartie pour l'Ain? Un arrêt en gare de Bourg-en-Bresse, pour irriguer le territoire. A défaut, nous cumulerons les inconvénients: la ligne passera (ailleurs peut-être, plus à l'ouest sur un axe Coligny-Val de Saône) avec ses conséquences pour les riverains, mais elle ne s'arrêtera pas! Ce serait la solution la pire. Il faut donc trouver un tracé entre Lons le Saulnier et Bourg-en-Bresse, qui implique de traverser la Bresse le long de l'autoroute, puis de la ligne de la Bresse.

Or, à ce jour, elle n'est pas écartée. Il est temps que les élus responsables tiennent le même discours à Paris, à Lyon, à Bourg-en-Bresse et à Bény: oui à un tracé le plus intelligent, le moins pénalisant possible, le plus près possible de la ligne de la Bresse ; mais oui aussi à la LGV ici, pour qu'elle participe au développement de notre bassin de vie de Bourg-en-Bresse et ses 150.000 habitants.

C'est cela, la clarté et la cohérence en politique. Il faut que chacun assume ses choix et ses positions, au nom de l'intéret général.