Suppression de la taxe professionnelle: stopper la machine infernale

Depuis l'annonce de la suppression de la taxe professionnelle, tous les élus, de gauche ou de droite, sont très inquiets: la TP, c'est la seule ressource dynamique des collectivités locales, notamment des communes et intercommunalités; elle représente la moitié de la fiscalité -l'autre moitié étant payée par les ménages. Avec la réforme, les ménages paieraient 76% des impôts locaux, contre 50% environ aujourd'hui!!

La suppression de cet impôt aurait de lourdes conséquences pour les collectivités et donc pour les citoyens/contribuables, pour une raison simple: le nouvel impôt destiné à remplacer la TP ne représente que 60% de la TP: il faut donc trouver 40% et nous sommes loins du compte! l'Etat promet une compensation intégrale...la 1ère année! Or, tous les ans, même sans embauches, les dépenses évoluent forcément: l'énergie, les salaires des agents, le coût de la vie, allourdit la charge. Si les recettes restent les mêmes ou baissent, le budget ne peut être bouclé.

Que se passerait-il alors ? Trois conséquences obligatoires: une baisse de l'investissement (or, les collectivités représentent 73% des investissements), une réduction des services rendus à la population et la hausse, inévitable, des impôts des ménages. Comment baisser l'impôt des entreprises sans que quelqu'un paie? Ce n'est pas possible!!

Preuve que la réaction des élus n'est pas politicienne: Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Jean Arthuis, et bien d'autres, élus UMP, demandent que cette mesure soit différée pour être améliorée et disent qu'elle est à ce jour inacceptable. C'est une position courageuse, d'élus responsables. Le MEDEF, la CGPME et le Président de la République doivent l'entendre.